Un voyage de 8 mois à la rencontre des entrepreneurs sociaux et des journalistes qui partagent une même vision d'un monde en changement…

September 30, 2013
par SparkTour
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BAYCAT, L’agence de production audiovisuelle solidaire

L’origine

BAYCAT est une agence de production média hors norme dans le paysage de San Francisco.  Depuis des années, BAYCAT éduque, emploie et aide au développement de jeunes issus de milieux défavorisés de la région à travers les arts médiatiques numériques.

A la tête de ce projet incroyable : Villy Wang, ancienne avocate et cadre en banque d’investissement qui un beau jour a décidé de tout plaquer pour revenir à ses premières passions : l’art et l’aide sociale. Lorsque l’on demande à Villy Wang ce qui l’a amené à diriger BAYCAT, c’est l’image de sa mère qui apparaît aussitôt. Ouvrière dans une usine durant pendant la majeure partie de sa vie, elle a enseigné à sa fille la valeur de l’apprentissage d’un métier et l’importance du travail pour s’intégrer dans la société. L’ambition de Villy Wang : créer un espace où les gens peuvent laisser s’exprimer leur passion à travers leur travail.

Baycat

Donner une voix à tous

« Voitures brûlées », « Emeutes », « Altercations avec des policiers » : lorsque les médias traitent des quartiers défavorisés, c’est plus souvent pour ce genre de nouvelles que pour faire le portrait d’un jeune homme qui a réussi et revient aider sa communauté, ou d’une femme qui s’engage au quotidien pour révéler les talents des jeunes de son quartier. A l’opposé, lorsque l’on parle de San Francisco, c’est surtout pour valoriser les grandes multinationales du secteur des nouvelles technologies comme  Google, Twitter ou Facebook. Mais c’est juste une très petite partie de la réalité. La majorité des étudiants et « stagiaires » de BAYCAT vient ainsi du quart sud-est de San Francisco, l’un des quartiers les plus pauvres de la ville, bien loin du riche Palo Alto où se bousculent start-up et multinationales.

La vision de BAYCAT : un monde où l’histoire de chaque personne compte, et où les médias et la technologie sont les porte-voix de toutes les classes de la populations afin de pousser les gens à créer des changements positifs dans leurs communautés. BAYCAT s’attache ainsi à inspirer des jeunes défavorisés à exprimer leurs passions et leurs histoires uniques en utilisant la puissance des médias numériques et de la conception. Ce faisant, BAYCAT pousse les élèves à rester à l’école et à devenir acteurs de leur propre vie. BAYCAT comble ainsi un réel fossé numérique, et fait s’exprimer à travers les médias des personnes qui, comme la mère de Villy Wang, ne pouvaient pas faire entendre leurs voix.

Un regard unique sur la société

La branche entreprise sociale du projet, BAYCAT Studio, s’adresse à des jeunes de 18 à 25 ans qui sont formés au marketing et à la communication médiatique. Couverture d’évènement, vidéos de promotion, image de marque, logo etc., au bout de 3 mois de formation complète et intensive, les stagiaires sont embauchés par BAYCAT pour travailler sur de véritables campagnes marketing et du design de marque pour des entreprises à but lucratif et non lucratif.

Tout le monde aujourd’hui dans le monde des médias et de la communication possède les mêmes outils, accessibles et abordables pour une grande majorité.  Ce ne sont donc plus les outils qui font la différence, mais la créativité, un regard différent sur les choses. Et c’est là la grande force de BAYCAT. Une fois la technique et un certain savoir-faire transmis, ce qui fait réellement la spécificité de cette entreprise sociale c’est bien le regard unique que portent les stagiaires sur la société et leurs communautés. Les clients sont ainsi très demandeurs de cette originalité, d’autant plus lorsqu’elle entre en parfait accord avec l’objet de la campagne ou de la mission.

La ville de San Francisco a ainsi fait appel aux services de BAYCAT pour l’une de leurs campagnes de sensibilisation pour les jeunes : ” Stay out of the city ” (Restez en dehors de la rue). La majorité des idées est venue des stagiaires, des jeunes qui ont déjà été confrontés à cette problématique, dont certains amis ou proches se sont retrouvés pris dans cet engrenage de la rue. Et pourquoi en effet embaucher une équipe de communicants fraichement sortis de grandes écoles sans aucune expérience de la rue pour traiter de ces sujets ? BAYCAT a ainsi réussi à faire de la spécificité de ses stagiaires une véritable valeur ajoutée sur ce marché compétitif.

Groupe jeunes Baycat

Un tremplin vers l’ailleurs

Les étudiants (de 11 à 17 ans) et stagiaires de BAYCAT sont sélectionnés en fonction du niveau social des familles, avec une préférence donnée bien sûr aux très faibles revenus. BAYCAT réalise ainsi beaucoup d’actions de sensibilisation auprès des écoles, des centres communautaires etc. Les jeunes déposent ensuite leur candidature et doivent passer un entretien pour intégrer la formation.  « Nous voulons voir l’excitation et la motivation dans les yeux de nos jeunes, déclare une chargée de recrutement, et non pas des enfants trainés par leurs parents pour qu’ils aient une occupation après l’école et pendant les vacances. »

Avec l’aide de l’équipe permanente, les jeunes conceptualisent et réalisent eux-mêmes les campagnes, spots, documentaires courts etc. Pour les trois premiers mois les stagiaires reçoivent une petite compensation salariale fixe, puis ils sont payés à un tarif horaire, et aidés dans la gestion de leur budget.

Le stage finit, les stagiaires obtiennent leur diplôme, et BAYCAT les aide à trouver un emploi à l’extérieur (CV, aide à la création de site web, book etc.). Certains se voient même offrir un poste permanent dans l’équipe BAYCAT, comme Leslie, jeune fille issue d’une petite ville du Nicaragua et qui a réussi à aller à l’encontre de la volonté de son père pour vivre sa passion : l’art numérique. « Je me sens si chanceuse aujourd’hui, dit-elle, j’ai pu acquérir tellement de compétences au sein de BAYCAT, qu’elles soit techniques ou plus immatérielles, et je sens que cela va vraiment m’aider dans ma vie professionnelle. » C’est bien cela BAYCAT, un véritable tremplin vers l’ailleurs pour ces jeunes, et une belle manière de changer de l’intérieur les codes du secteur de la communication et des médias.

Leslie et un autre jeune de BAYCAT

August 21, 2013
par SparkTour
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Lluvia de Orión : recréer la mémoire colombienne à travers l’image

Lluvia de Orion banière comuna 13 credits Lluviadeorion

Les oubliés de la guerre civile

Plus de six millions de personnes ont été déplacées, tuées ou mutilées pendant le conflit armé qui a rythmé l’histoire de la Colombie depuis 1964, et continuent d’en subir aujourd’hui les conséquences et/ou les souvenirs.

Depuis 2002, la politique dite de sécurité démocratique du gouvernement d’Alvaro Uribe a réussi à faire reculer les guérillas dans tout le pays. Mais cette politique a été largement contestée en raison notamment des nouveaux massacres engendrés par ces avancées, mais aussi à cause du manque total de mesures prises envers les victimes du conflit.

Au contraire, en 2005, les forces paramilitaires réussirent à forcer l’Etat à leur donner une reconnaissance politique et d’importantes remises de peines en l’échange d’une démobilisation et d’une confession de leurs crimes. Cette loi appelée « Loi Justice et Paix » souleva alors un vrai problème de mémoire.  Aucune mention des victimes ne fut en effet faite dans cette loi, provoquant la colère des ONG. Suite à la pression de celles-ci, une loi fut finalement adoptée en février 2011 sous le gouvernement de Juan Manuel Santos : La loi des Victimes et de la Restitution des Terres, qui affirme pour la première fois l’existence d’un conflit armé dans le pays et la nécessité de réparer les torts faits aux victimes.

L’image au service de la mémoire

Les 3 fondateurs

Les 3 fondateurs de Lluvia de Orion, Robinson au centre

Robinson, fondateur de Lluvia de Orión, a étélui-même témoin de l’un des épisodes les plus sanglants de ces dernières années, la tristement célèbre Opération Orión à Medellin en octobre 2002. Destinée à expulser les milices urbaines des FARC de l’«Arrondissement 13» de Medellín où elles étaient très influentes, cette opération a été accompagnée d’une stratégie de terreur s’attaquant à la population civile soupçonnée de soutenir les guérillas, conduisant à de véritables massacres. Habitant de l’arrondissement 13, Robinson été extrêmement choqué de voir l’ignorance et l’indifférence des habitants pour les victimes de cette opération. « J’ai pris le métro dès que j’ai pu partir sans craindre les balles ou les grenades, pour sortir de là, pour respirer, et pour dire ce que j’avais vu. Mais dans la rue, dans le métro, chacun vivait sa vie comme si rien ne s’était passé, ou comme s’ils ne voulaient pas savoir. Alors que tout cela se passait dans le quartier voisin ! »

Il a donc créé l’association Lluvia de Orión(La pluie d’Orion), un projet artistique et historique visant à recréer et à partager la mémoire colombienne de ce conflit armé. A travers des courts-métrages d’animations et par la force de l’image, Lluvia de Orión cherche à sensibiliser les colombiens sur la situation des victimes, et créer ainsi une conscience citoyenne et historique. « L’image est le meilleur outil pour diffuser cette mémoire, elle attire et impacte le plus grande nombre. »

L’association utilise différents supports pour promouvoir ses contenus, de leur site web à des accords avec des chaines de télévision locales en passant par les réseaux sociaux, et un relai à travers leurs partenaires institutionnels ((Musée de la mémoire, Mairie de Medellin, Centre de Mémoire Historique). L’histoire des conflits armés, traitées à travers la création de contenu artistique et créatif, en particulier médiatique, met en œuvre les témoignages de victimes, mais aussi des autorités et des experts.

Les jeunes acteurs de leur Histoire

Si Lluvia de Orion s’adresse à tous les citoyens colombiens, les jeunes et les enfants sont leur cible principale, et ce sont des jeunes étudiants qui sont à l’origine de tous les contenus produits par l’association. Pourtant, ces jeunes sont au final les personnes qui ont le moins vécu ce conflit le plus souvent, ou bien de manière plus indirecte. Mais chaque jeune a un lien avec ce conflit, avec la violence qui en a résulté, et c’est à eux de se placer en ambassadeurs de la mémoire de leur pays. Beaucoup de leurs parents ou grands parents refusent de parler de ce conflit qui les a tant fait souffrir. C’est aux jeunes désormais de s’approprier cette Histoire afin que la mémoire subsiste. Et transcender cette mémoire à travers l’art et les médias, c’est canaliser la violence et le désir de justice qui en découle pour exiger de l’Etat qu’il réponde à leur appel.

Le choix des images animées prend aussi tout son sens dans cette optique de sensibilisation des plus jeunes. « Nous voulons recréer une conscience collective et toucher les jeunes mais le but n’est pas de choquer. » L’image animée permet ainsi de prendre de la distance par rapport aux évènements atroces survenus pendant le conflit. Au lieu de reconstituer de manière réaliste un massacre par exemple,  l’image joue ici davantage un rôle cathartique, de symbole. Des professeurs utilisent ainsi déjà les courts-métrages de Lluvia de Orion dans leurs classes. Une avancée énorme dans le système éducatif colombien puisqu’aucun programme scolaire ne comprend encore l’enseignement de cette guerre civile. « On nous parle des guerres mondiales, des crises économiques, mais rien sur notre propre Histoire ! », s’indigne Robinson. « C’est absurde, nous passons le bac dans un pays en guerre mais sans avoir aucune connaissance sur ce conflit ! »

Le langage artistique audiovisuel permet aussi de dépolitiser le message selon Robinson. Car Lluvia de Orion ne se réclame d’aucune idéologie ou parti, mais bien de la croyance que l’art peut transfigurer le conflit.

Lluviadeorion credits Lluviadeorion

 

Vers une mémoire participative ?

L’art audiovisuel permet ainsi aux jeunes de Lluvia de Orión d’exprimer ces différentes voix et témoignages dans l’objectif d’une prise de conscience collective des événements de la guerre civile et de la situation des victimes. Huit jeunes composent l’association, mais ce sont plus de 150 personnes qui ont rendu possible la création de contenus depuis 2012, pour que l’apprentissage de la citoyenneté se construise avec une véritable conscience historique et sociale dans leur pays.

Et c’est là l’objectif de Lluvia de Orion, au-delà de leur impact social direct, ils veulent que chacun puisse prendre part à la re-création de la mémoire, dans une dynamique participative. Et dans ce même mouvement, la prochaine étape de l’association et de travailler main dans la main avec des entreprises sur cette question, pour que secteur privé et public coopèrent à faire vivre la mémoire historique de leur pays.

August 14, 2013
par admin
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Fondation Banco Popular : mettre en commun les énergies de tous les acteurs sociaux pour répondre au mieux aux enjeux locaux

La Fondation Banco Popular, première banque de Puerto Rico, agit depuis plus de 35 ans pour le soutien d’organisations à impact social, à but non lucratif pour la plupart, mais aussi quelques entreprises sociales. Près de 2 millions de dollars sont ainsi répartis chaque année entre 80 à 90 organisations présentes sur toute l’île et agissant majoritairement dans le domaine de l’éducation.

Ces 35 années d’expérience ont permis à la fondation d’analyser en profondeur le secteur de l’économie sociale et solidaire du pays, et de mettre ainsi en lumière le manque de partage d’informations et d’expériences entre les différents projets. « Nous recevions chaque année de nouveaux dossiers de projets qui nous rappelaient ceux de l’année précédente. Tout le monde réinventait la roue en permanence, sans réelle innovation ni capitalisation sur l’existant. », déclare Beatriz Polhamus, directrice exécutive de la fondation.

Banco Popular

Il y a un an la fondation a donc mis en place un programme transversal, afin d’agir sur ce manque de communication dans le secteur solidaire. Pendant une journée, les 83 organisations soutenues par la fondation se sont ainsi réunies à San Juan, capitale de Puerto Rico, pour apprendre à travailler ensemble. Ces organisations ont été divisées en six catégories selon leur domaine d’action et il a été demandé à chacun de ces groupes de faire ressortir trois projets ou enjeux transversaux sur lesquels il serait selon eux le plus pertinent et efficace de travailler ensemble. Une nouvelle division a ensuite été effectuée selon la répartition géographique des organisations, et chacun de ces nouveaux groupes a finalement dû choisir un seul projet à suivre ensemble.

Pour les dix principales organisations de l’île travaillant dans le domaine de l’éducation dite spécialisée, cette journée a ainsi permis de mettre en valeur un enjeu commun majeur : le manque de données sur les populations bénéficiaires. La connaissance du nombre d’enfants autistes par région ou de l’évolution du taux de personnes atteintes de cette maladie sur l’île sont des informations primordiales pour que ces organisations puissent répondre au mieux aux besoins des populations. Travailler ensemble à la création de ces données, c’est donc permettre non seulement d’adapter les services spécifiques mais aussi de répartir davantage et plus intelligemment les actions entre ces différentes organisations pour un impact social renforcé.

Quelques mois après cette première expérience, un nouveau rendez-vous a été donné à ces 83 structures dans le but de partager avec l’ensemble des organisations les réflexions, les meilleures pratiques ou les résultats obtenus.

La troisième étape, qui a eu lieu en novembre dernier, consistait à connecter ces organisations avec des experts, institutions ou investisseurs qui pourraient les aider dans le développement de leurs projets transversaux. Là encore, l’avancée est majeure, car quelques mois auparavant, ces organisations se considéraient encore en compétition les unes avec les autres lorsqu’il s’agissait de solliciter les fonds ou des aides de ces structures. Or après un an de travail en commun, c’est bien l’impact social qui est revenu au centre du débat. Ce partage d’informations, de bonnes pratiques et d’expérience, qui a été mis en place par la fondation, est une réelle avancée pour le secteur de l’économie sociale et solidaire sur l’île et permettra à terme à la fois une meilleure organisation du secteur et une meilleure répartition des énergies et des actions… pour un impact social renforcé.

La superficie de Porto Rico, qui permet de traverser l’île d’un bout à l’autre en environ 4 heures, facilite certes la mise en place de programmes comme celui-ci, qui suppose une réunion physique des parties prenantes. Mais c’est un modèle qui peut aussi être répliqué à l’échelle d’une région, d’un arrondissement ou d’un quartier et qui a déjà montré son efficacité.

July 22, 2013
par admin
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Aux Philippines, entre l’image et la réalité

Les Philippines surprennent, dérangent et fascinent tout à la fois. Dans un pays où près 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, il est pourtant très dur de rencontrer sur son chemin autre chose que des sourires ou une invitation à partager un repas, il est bien difficile de ne pas se faire offrir de l’aide à chaque coin de rue, et il est presque impossible de refuser un défi au karaoké dans le sari-sari d’en face. La pauvreté est là, en permanence, dans chaque détail, mais la végétation luxuriante, les plages paradisiaques, la générosité et la fierté des habitants nous empêchent bien souvent de voir ce qui se trame derrière ce joli paravent.

Pourtant, si l’on fait l’effort de regarder, on découvre bien vite l’ampleur des enjeux sociaux, l’impuissance du gouvernement face aux pouvoirs locaux corrompus, les chiffres terribles de la violence conjugale, ou encore le nombre de jeunes victimes d’abus sexuels. On s’approche de l’adorable petit garçon qui se tient sur le bord de la route pour découvrir qu’il a, comme tous les autres à ses côtés, la peau couverte de petits boutons infectés dus à leurs conditions de vie…

Heureusement, de nombreuses initiatives fantastiques s’efforcent chaque jour d’affronter ces enjeux colossaux. Il y a l’espoir d’améliorer les choses, beaucoup de ressources naturelles et une population qui représente très certainement la plus grande richesse de ce pays. Encore faut-il les exploiter intelligemment et avec humanité…

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Habitante du village Enchanted Farm de Gawad Kalinga

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Jeune fille dans le village de l’Enchanted Farm de Gawad Kalinga

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Homme sur sa bangka, le bateau traditionnel philippin

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Jeune fille du village Gawad Kalinga de El Nido

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Ouvrier et son fils dans le village Gawad Kalinga de El Nido

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Jeune garçon dans un des bidonvilles de Manille

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Juste de l’autre côté de la rivière, le contraste avec l’un des villages Gawad Kalinga de Manille

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Dans un village Gawad Kalinga

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Happyland, un bien drôle de nom pour l’un des principaux bidonvilles de Manille…

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Petit garçon bénéficiaire du programme de garderie de LP4Y à destination des jeunes mère des bidonvilles, afin de leur permettre de travailler et de de venir de véritables entrepreneurs de leur propre vie.

 

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Bidonville de Smokey Mountain

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Les jeunes filles de l’équipe de 3S, une initiative de location de lampes solaires dans les bidonvilles. Elles font toutes partie du programme LP4Y.

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Dans un bidonville de Manille

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July 1, 2013
par admin
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Hapinoy : les épiceries philippines actrices du développement

Hapinoy LogoLes petites épiceries, ou sari-sari, sont omniprésentes aux Philippines. Dans les villes bien sûr, mais surtout dans les régions isolées des campagnes. En clair, aussi loin que vous irez, et même au beau milieu de rizières perdues dans les montagnes, vous aurez de grandes chances de tomber sur un logo Coca-Cola caché derrière un arbre et de découvrir une de ces petites épiceries, au désordre incroyablement organisé de mille produits répondant aux besoins quotidiens des habitants.

On estime à 800 000 le nombre de sari-sari dispersés dans tout le pays, composant un réseau qui permet à de nombreux villages de rester dynamiques et connectés. Ces épiceries font le plus souvent partie intégrante de la maison familiale et permettent ainsi aux femmes de travailler tout en pouvant s’occuper des enfants. C’est pourquoi ce sont presque toujours ces mères, ou nanay, qui possèdent et gèrent les sari-sari.

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La mission d’Hapinoy? Améliorer les compétences et les commerces de ces femmes afin qu’elles les rendent plus durables et rentables pour leurs familles. Hapinoy les aide aussi à introduire davantage de produits à fort impact social dans leurs magasins, tels des lampes solaires ou des médicaments, participant ainsi au développement de la communauté dans son ensemble.

Mais concrètement, comment est-ce que cela fonctionne ? Hapinoy repère dans les villages des profils de femmes entrepreneuses à fort potentiel et les aide à devenir de meilleures entrepreneuses grâce à des formations en marketing, comptabilité, inventaire, distribution, etc. Ces formations sont adaptées à leurs emplois du temps chargés et sont co-créées avec elles dans le but d’améliorer leurs compétences commerciales tout en comprenant leurs besoins spécifiques.

Au cours des six premiers mois, Hapinoy aide aussi les femmes à acheter du capital en empruntant de l’argent aux institutions de microfinance locales partenaires du programme. Hapinoy les accompagne et les guide pour les amener à voir le prêt comme un réel investissement et non comme un moyen d’acheter plus de produits. Les femmes sont ainsi incitées à acheter, par exemple, un téléphone qui leur permettra de développer un business de vente de crédit téléphonique, ou bien encore un vélo afin d’ajouter un service de livraison à leur commerce.

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Le cœur du programme est certes l’aide au développement des commerces et l’élévation du niveau des bénéficiaires, mais il se consacre aussi au retour à la communauté. Après les dix mois de formation, ces femmes partagent leurs connaissances et compétences acquises pour former et inspirer à leur tour d’autres femmes de la communauté. C’est alors que le projet prend vraiment toute sa dimension, qu’il devient ”vivant”, autonome et donc durable.

Une autre innovation d’Hapinoy réside dans la participation des maris au programme. Hapinoy est avant tout un projet qui s’adresse à des entrepreneurs de petites épiceries, qui se trouvent être en grande majorité des femmes. Mais l’empowerment des femmes doit être compris et suivi par les hommes, leurs maris, pour être durable. Et c’est bien l’un des enjeux majeurs de toute initiative sociale s’adressant uniquement aux femmes. Pour éviter que les hommes se sentent lésés, laissés de côté, Hapinoy les implique dans le programme à travers des discussions et des ateliers, qui leur permettent de comprendre comment la prise de responsabilités de leurs femmes contribue au développement de toute la famille.

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Le programme est gratuit pour ces femmes, mais Hapinoy a développé un modèle économique viable grâce au réseau de fournisseurs, fabricants et distributeurs avec lesquels ils travaillent pour apporter les produits à fort impact social aux communautés. En échange d’une commission sur les ventes, Hapinoy centralise les commandes, aide à organiser toute la chaine de distribution et aide ainsi ses partenaires à toucher de nouveaux marchés rentables. Ils vendent aussi à ces partenaires des études et analyses des marchés locaux, utilisant l’ensemble des précieuses données récoltées à travers leurs interactions avec les communautés.

Depuis sa création en 2007, Hapinoy a aidé plus de 1 200 femmes chaque année. Après cinq ans, ils sont à l’équilibre et attendent des bénéfices dans les prochaines années, qui leurs permettront d’ouvrir de nouveaux programmes de formation. Ils sont en train de créer un modèle durable, qui pourra être dupliqué facilement et ainsi se développer rapidement et aisément. C’est tout ce que nous leur souhaitons pour cet incroyable projet !

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June 29, 2013
par admin
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(ANGLAIS) No Entrepreneurs or No Investors: Examining the reality in India’s early-stage ecosystem

It is no secret that entrepreneurs committed to taking novel ideas to low-income markets often face complex challenges. Challenges defined by accessing market knowledge, expertise and other resources, such as funding, which frequently result in high risks and uncertainty.

As the social enterprise ecosystem matures in India, the issue of funding only seems to be growing more pronounced – surprisingly for both the entrepreneur and investor.

All to often entrepreneurs claim that few relevant investors exist – especially those prepared to invest in businesses where there are no other precedent business models, despite impact and profit potential. Contrastingly, investors focused on patient investing claim they are desperate to place funds, but are unable to identify sufficient investment-ready enterprises.

Unfortunately, this fragmentation between investors and entrepreneurs creates misaligned expectations. The result is that exciting innovations – such as solar energy lamps or low-cost hospital models – which could positively impact the lives of those living in low-income markets, are often stifled.

Recognizing this, Ennovent hosted a Thought Leader Session on May 24, bringing together leading entrepreneurs and investors to discuss this polarizing issue.

The discussion – which yielded surprising results – included entrepreneurs such as Rajnish Jain, Co-Founder of Avani Bio Energy and Vijay Pratap Singh, Founder of ekgaon as well as investors Priyanshu Gupta, Associate Vice-President, Lok Capital and Srikant Sastri, Angel Investor and Chairperson, Vivaki.

The unexpected outcome of this Thought Leader Session was that all the speakers and participants unanimously agreed that there were, in fact, enough of both entrepreneurs and investors in the marketplace.

Rajnish Jain, said, “As an entrepreneur I don’t feel that there is a lack of funding. Often entrepreneurs think, ‘It’s my idea and it’s great. Why are they asking about returns and questioning my model?’ Well, it is the investors’ money and they have the right to evaluate risks, ask questions. Entrepreneurs better need to understand this investor mindset rather than questioning it.”

The challenge for entrepreneurs it seems is not the quantity of investors, but in embracing the seemingly endless analysis and due diligence that comes with the investment process. But even before this process begins, it’s also difficult to recognize the right type of investor – resulting in an unexpected matchmaking process from both, the entrepreneur and investor.

“Anyone who can Google can find investors. It’s more difficult to recognize the kind of investor they are, their investment expectations and what stage of businesses they invest in mentioned Vijay Pratap Singh.

Furthermore, the entrepreneurs also added that, more than the idea, investors also look at the entrepreneur and their personal drive.

“When you present, don’t do things as per the templates, do your own thing – what works best for you”, added Vijay Pratap Singh.

Before pitching to an investor, the entrepreneur should to invest in oneself as well as the idea. The entrepreneur must of course prepare an effective business model and establish proof of concept, but must also be able to creatively and clearly state what they need from the investor and why, highlighting the importance of strong communications skills and confidence.

From an investor perspective, it seemed that beyond the sufficient quantity of impact-oriented entrepreneurs, the challenge remains transforming innovative ideas into a viable business models focusing on both social and commercial aims.

Srikant Sastri from Vivaki commented, “A lot of good ideas exist but the structure around them does not. Investors don’t have the time to educate the entrepreneurs on the packaging of these ideas. For this to occur, more accelerators such as Ennovent Startup Services are required within the social space.”

While there has been a growth in the number of incubators in India in the last 18-24 months additional numbers are required to help create strong business models around entrepreneurial ideas and facilitate investor-investee matchmaking.

Talking about the challenges entrepreneurs face in identifying the right kind of investors for their enterprise Priyanshu Gupta, further added “While investors can easily be found through online sources, media and events, word of mouth references to appropriate investors remains key as investors expectations and their risk appetites differ at the various evolution stages of an enterprise”.

Interestingly, in taking an investor view the panelists unanimously agreed that the structure of the capital, be it debt, equity or grant is not as important as entrepreneurs often think. What arguably takes precedence is that the investor and the entrepreneur are in sync about the value proposition of the business and how the capital will be deployed.

Ennovent’s most recent Thought Leader Session reduced the thinking that there are no entrepreneurs and no investors to a myth. However what remains to be addressed to improve India’s landscape for innovations are the processes around matchmaking, business model development and pitching.

Ennovent Thought Leader Sessions provide a platform to inspire, discuss, network and connect with experienced practitioners to solve key challenges in taking ideas to low-income markets. Join the Ennovent Network now to stay updated on the next session scheduled to take place July 5th in Bangalore.

 

by Perzen Patel