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NoNasties lance le mouvement de la mode équitable en Inde

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Vous ne le savez probablement (certainement) pas mais en Inde, un fermier se suicide toutes les demi-heures ! Soit 250,000 suicides par an. Les raisons derrières ces statistiques dramatiques ? Des pratiques agricoles non viables qui mènent à des conditions de vie presque inhumaines.

C_no-nasties-logo-smallLorsqu’ils ont pris conscience de ces chiffres terrifiants, Apurva Kothari et Diti Kotecha, les fondateurs de NoNasties, ont décidé de réagir. Ils se sont vite rendus compte que le sujet était déjà très bien documenté et qu’un important travail de terrain était réalisé par les organisations gouvernementales et non-gouvernementales, qui tentent de trouver des solutions à cette situation, grâce à l’organisation des fermiers en corporations, et leur éducation sur l’utilisation des pesticides et fertilisants, mais aussi sur le travail des enfants, les taux d’intérêt à pratiquer, etc.

Ce qui manquait réellement, c’était une manière d’impliquer le consommateur envers cette cause. Et c’est là que NoNasties a décidé d’avoir un impact.

Créer le lien entre fermiers et acheteurs finaux

NoNasties est une marque de mode dont les vêtements sont produits selon les règles du commerce équitable. La marque travaille avec une grande entreprise détenue par les fermiers eux-mêmes, et produit des t-shirts en coton biologique en assurant un salaire décent aux producteurs. L’objectif de NoNasties n’est pas de travailler en direct à l’amélioration des conditions de vie des producteurs, ce qui reviendrait à prétendre remplacer le travail qu’ONG et associations de terrain font depuis des années. NoNasties aspire plutôt à créer un lien entre fermiers et acheteurs finaux, en alertant ces derniers sur les problèmes des premiers.

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« Nous voulons que les gens achètent nos t-shirts parce qu’ils sont géniaux »

En effet, si le commerce équitable est un mouvement qui commence à être bien développé dans les pays occidentaux, « les conséquences négatives d’un commerce non-équitable ne sont pas connues du public » dans un pays comme l’Inde, nous dit Felix Litzkow, un jeune expatrié allemand venu en Inde pour travailler pour NoNasties pendant un an. La marque veut donc lancer ce mouvement… mais elle ne veut pas le faire à coups de messages lourds et culpabilisants pour le consommateur.

L’entreprise a fait le pari que c’est en diffusant un message optimiste que leurs clients auront envie de soutenir la cause du commerce équitable en Inde. Et que c’est comme cela que NoNasties pourra démultiplier rapidement son impact… bien plus qu’en essayant de toucher directement un maximum de personnes avec un message négatif.

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Le commerce équitable a de l’avenir ici !

NoNasties compte sur une croissance importante de leur clientèle. Mais cela prend du temps. Et afin de s’accorder ce temps nécessaire, la marque a décidé de se concentrer d’abord à vendre auprès de pays européens déjà sensibilisés au commerce équitable, et auprès d’une élite indienne de jeunes actifs éduqués, ayant passé un certain temps à l’étranger et conscients des problèmes sociaux d’une manière générale. Mais l’équipe de NoNasties est impatiente de voir le nombre de jeunes indiens qui se sentent concernés par les enjeux sociétaux de leur pays. « L’Inde est notre priorité. Nous devons développer des programmes universitaires pour faire en sorte que les étudiants soient d’avantage engagés », ajoute Felix.

Leurs t-shirts sont déjà vendus dans 22 pays grâce à leur boutique en ligne, et des magasins vendent leurs produits dans 6 pays. Après le fort succès de leurs t-shirts (une nouvelle collection sortira dans très peu de temps), quelle est la prochaine étape ? Une ligne de vêtements pour enfants.

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